Écoeuré, Mario Latraverse démissionne; encore une fois Sylvain Simard détale comme un lapin!

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Écoeuré de la manière dont la Régie des alcools, des courses et des jeux a géré le dossier d’enquête administrative sur les allégations de conflit d’intérêts, le directeur des sports de combat a décidé de tout simplement prendre sa retraite. Mario Latraverse occupait ce poste depuis 21 ans, dans les différentes moutures administratives qui ont géré les sports de combats.

Rappelons qu’en avril, le député du Parti Québécois Sylvain Simard lançait à l’Assemblée Nationale et en point de presse des accusations de conflit d’intérêt à l’endroit de Mario Latraverse en raison de son association avec la Trans America Boxing, un organisme de sanction de championnat américain. Mario Latraverse a été suspendu avec salaire en attendant les conclusions d’une enquête administrative, tenu par une agence privée mandatée par la RACJ. Or plus de 5 mois plus tard, toujours pas de conclusion. Il semble qu’avec la démission de Mario Latraverse on va tout simplement enterrer le rapport d’enquête. Ce qui aurait du prendre au maximum 15 jours s’est étiré sans que l’on sache pourquoi.

En entrevue exclusive à mon émission «Gérants d’estrade» Mario Latraverse nous a appris que les enquêteurs n’ont pas pu rencontrer le plaignant soit le député Sylvain Simard. Monsieur Latyraverse s’est fait dire qu’il aurait pu avoir accès au rapport s’il était resté en fonction et que des sanctions avaient été prises contre lui. Comme il quitte il ne saura rien des conclusions des enquêteurs.

Voilà un homme qui a combattu le crime organisé dans ses fonctions d’enquêteurs au Service de police de la Ville de Montréal, qui a nettoyé la boxe de ses éléments mafieux et qu’on traite comme un moins que rien. En 21 ans les centaines de galas de boxe dont il était le gardien de la probité se sont déroulés sans que des actes illégaux n’y soient commis. Y a-t-il eu au cours de ses années, de mauvaises décisions rendues par des juges et des arbitres? Bien sûr que oui, mais on parle ici d’incompétence ou d’inconstance de certains d’entre eux qui n’ont pas survécus longtemps dans le système mis en place par Latraverse. On ne parle pas de malversation.

Sylvain Simard détale comme un lapin.

Nous avons offert ce matin un droit de parole à celui qui a lancé toute cette affaire, le député du Parti Québécois Sylvain Simard. Comme lorsque cette histoire a débuté, il a détalé comme un lapin. La première fois il avait invoqué l’enquête en cours, cette fois c’est le dépôt du rapport. Or Simard sait très bien que le rapport ne sera pas rendu public.

Dommage car j’aurais eu quelques questions à lui poser : comment se fait-il que les enquêteurs n’ont pu le rencontrer? Il ne peut jouir de l’immunité parlementaire puisqu’il a repris ses allégations de conflits d’intérêts à l’extérieur de l’Assemblée Nationale. Pourquoi ses recherchistes n’ont-il pas pris contact avec des gens du milieu de la boxe avant de lancer des accusations? Il aurait été simple de se faire expliquer par les Yvon Michel, Stephane Larouche de ce monde le fonctionnement de la boxe professionnelle. Des observateurs comme Jean-Paul Chartrand, Daniel Cloutier, Martin Dion et votre humble serviteur auraient pu apporter un certain éclairage. D’anciens arbitres comme Guy Jutras auraient été pertinents. Il semble qu’on se soit fié sur une seule source qui de toute évidence en voulait à Mario Latraverse. D’ailleurs un des recherchistes de Simard, Simon Berthiaume, m’a menti dans une conversation téléphonique; il soutenait avoir vu les lettres patentes de la TAB et que c’était un organisme à but lucratif, ce qui était entièrement faux. Il semble que tout le dossier était à l’avenant.

Suite aux accusations portées par Simard, deux députés du Parti Québécois ont dit à Mario Latraverse être désolés de la manière dont leur collègue avait fait les choses mais que c’était le style cow-boy de leur collègue et qu’il ne fallait pas le prendre personnel. Pas personnel? On vient de mettre en doute la probité d’un homme, c’est sidérant. Un cow-boy qui tire dans le dos, qui fait le fanfaron et qui se pousse!

La boxe professionnelle au Québec demeure une industrie fragile. Elle vient de perdre un homme qui a largement contribué à en faire un milieu propre. Si personne n’est irremplaçable, certains sont plus difficiles que d’autre à remplacer. Le successeur de Mario Latraverse s’appelle Richard Renaud. C’est un ancien directeur de la police de Québec. Pour occuper une telle fonction ça prend du coffre. Mais Richard Renaud ne connaît pas grand-chose à la boxe. Il est utile d’avoir un directeur des sports de combats qui peut appeler n’importe quel directeur de commission athlétique dans le monde, n’importe quel dirigeant d’organisme de sanction, n’importe quel promoteur et être certain qu’il aura rapidement un retour d’appel. Mario Latraverse avait un formidable réseau de contacts dans le monde de la boxe. Richard Renaud a maintenant de grosses chaussures à porter.

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À propos de cette note

Cette page contient une unique note de Jacques Thêriault publiée le 6 octobre 2008 16h44.

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