
Martin Gilbert et Zach Bell ont manqué de gaz!
Le duo canadien composé de Martin Gilbert et Zach Bell nous aura fait vivre de belles émotions cet après-midi au Vélodrome de Laoshang, situé à une cinquantaine de kilomètres au sud du centre-ville de Pékin. Après un départ timide, où les principaux ténors du "Madison" ou course à l'Américaine se sont échangés les avant-postes, nos Canadiens se sont permis de remporter le quatrième sprint de la soirée, ce qui les plaçait au 3e rang puis, à la mi-course de cette épreuve de 200 tours (50 kilomètres) où les vitesses de pointe atteignent les 70 km/hrs, on retrouvait Gilbert et Bell en tête de l'épreuve avec les Argentins et les Russes. Ce trio de tête avait alors pris un tour au peloton!
Trop d'enthousiasme
"On se sentait super bien mais on a été victime de notre enthousiasme." me racontait Martin Gilbert après cette course où ils ont finalement terminé douzième. "Quand on a gagné le 4e sprint, on a ouvert les gaz. Ça l'a finit par nous coûter cher. Il aurait fallu être moins émotifs et se garder des munitions pour la fin de course. Mais on venait de prendre un tour au peloton et on voyait sur les visages de plusieurs de nos compétiteurs qu'ils trouvaient ça difficile alors que nous, nous étions encore plein d'énergie! Mais on a trop ouvert les gaz et à un certain moment le lactose s'est mis dans nos jambes et on n'avançait plus. Le cardio allait mais les jambes ne tournaient plus. " Et si vous aviez mieux gérer la course, garder un peu d'énergie pour le sprint final? "J'aime autant ne pas y penser" tranche-t-il
Pas de bonne piste au Canada
Quand on lui demande ce qu'il a ressenti d'être devant de grosses pointures comme Mark Cavendish, Alex Rassmussen ou Walter Perez, Martin Gilbert sourit à pleines dents: "C'est sûr que c'est un sentiment incroyable d'être en tête d'une course comme celle-là aux Jeux Olympiques. Physiquement nous étions là avec ceux qui ont fini par remporter l'or et l'argent! Mais j'ai toujours su que nous avions notre place parmi ces gars-là , que nous pouvons rouler à la même vitesse qu'eux, que nous pouvons être au même niveau qu'eux. Zach et moi n'avons couru que trois ou quatre courses ensemble cette année. Ces gars-là font équipe ensemble pour une quinzaine ou une vingtaine de courses par année. La différence est là !" Et on revient inévitablement au manque de ressources. "Le problème c'est que l'on n'a pas de bonne piste au Canada, pas de Vélodrome intérieur. Il y en a deux mais les pistes sont trop courtes. Et c'est bien beau Bromont, mais on ne peut pas s'y entraîner l'hiver. D'ailleurs les courses de Madison sont toujours présentées en Hiver. Il n'y a qu'aux Jeux Olympiques que c'est présenté en été".
On en est lÃ
Martin Gilbert répète que l'élite du cyclisme canadien a le talent pour rivaliser avec l'élite mondial. Il ne lui manque l'argent pour avoir le meilleur équipement, les meilleures facilités d'entraînement et d'être des grands rendez-vous sportifs. "Je sais qu'on en est là et c'est ça qui est dommage. Parce qu'avec un peu plus de moyens, nous aurions notre part de podiums en Coupe du Monde, dans les Championnats Mondiaux. Il ne nous en manque pas beaucoup pour y arriver. On a beau mettre tout l'énergie nécessaire à l'entraînement, l'Association Cycliste Canadienne n'a pas les ressources financières pour nous aider suffisamment, même si ils font de gros efforts. Ce n'est pas de leur faute, ils ne l'ont pas l'argent nécessaire. Alors pour se rendre jusqu'ici, Zach et moi on a fini par payer de notre poche bien des affaires. C'est comme ça!" Si vous voulez mon avis, le vélo aurait besoin d'un philanthrope comme l'a toujours été Bernard Trottier pour le ski (et bien des athlètes amateurs dans diverses disciplines). Le problème c'est qu'au Québec, dans la communauté des affaires, il y a pas mal plus de Séraphin Poudrier que de Bernard Trottier. Zaijian!







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